The Cure – Disintegration (1989)

The Cure - Disintegration Disintegration

par The Cure

Fiction – 1989

Album 5 étoiles

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J’étais un peu jeune entre 1989 et 1995 donc je ne peux pas dire un truc du genre « Aaaah, on a tous eu envie d’avoir la même coupe de cheveux que Robert Smith », mais je peux quand même vous dire que j’ai un poster du même Robert Smith dans la chambre de la maison familiale depuis environ 5 ans – celui avec écrit « Why Can’t I Be You » – et que NON je n’ai jamais eu envie d’avoir la même coupe de cheveux qu’on croirait tout droite sortie d’un film de Tim Burton. Toutefois Disintegration, sorti l’année de ma naissance, reste un de mes albums favoris, insensible au temps, toujours fabuleusement beau et sombre, chef-d’oeuvre de la cold wave. Disintegration est également l’album le plus connu de The Cure. Ce pourrait être complètement inutile de le rappeler si ce n’était pas également le meilleur, ce qui est plutôt rare.

The Cure est officiellement né en janvier 1976. Le groupe envoie ses maquettes à Polydor où il sera remarqué par Chris Parry, qui voit dans le groupe une opportunité de créer son propre label, Fiction Records. The Cure lui restera fidèle jusqu’en 2001. Concerts à la pelle, première partie de SIouxsie & The Banshees, plusieurs 45 tours remarqués (« Killing An Arab », « Boys Don’t Cry », « Lovecats »…)  mais toujours pas d’énorme succès pour le groupe. Celui-ci sera passé d’une musique post-punk, à une période cold wave, avant de s’aventurer dans la pop, puis de revenir enfin à la cold wave avec l’album qui lui assurera la notorioté, l’immortalité dirais-je même, Disintegration.

Une collection de titres qui vous pétrit le coeur et vous remue les tripes. Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler une emo mais je crois pouvoir affirmer que Robert Smith en est le roi. Comment est-il possible de dégager tant d’émotions en un quart de phrase ? Disintegration est comme le monolithe de « 2001 : Space Odyssey », lâchée au milieu d’un monde qui se rend compte de sa tristesse. Je ne vais pas plus loin dans la métaphore, de peur de faire exploser les ventes de lames de rasoirs.

Mais tout de même : « Love Song » est la plus belle chanson d’amour des années 80, « Lullaby » est d’une telle horreur surréaliste, kafkaesque même, le sensuel « Fascination Street » avec des paroles telles que “If you open your mouth, then I can’t be responsible for quite what goes in, or to care what comes out.” que je vous laisse traduire, « Plainsong », qui ouvre l’album et qui semble sortie tout droit d’une démo perdue de Joy Division, l’incandescence adolescente de « Pictures Of You », « Same Deep Water As You » est la pièce centrale de l’album où Robert Smith nous invite à nous immerger dans le monde où il semble lui-même se noyer, sourire aux lèvres, sur la pochette de l’album, « Prayers For Rain » qui est très certainenement la plus belle chanson jamais écrite par le groupe, plus désespérée, tu meurs !

Cet album a porté la cold wave, et la new wave toute entière vers des sommets de mélancolie et de beauté rarement égalés. Le groupe qui a enregistré cet album est déjà un groupe très expérimenté, qui a exploré plusieurs styles avant de revenir à la cold wave, et qui manie et marie les instruments mieux que jamais.

Disintegration est la bande-son de toutes les peines, leur accompagnatrice, celle qui rappelle que l’on « est pas toute seule », que « ça va finir par s’arranger » – ou pas – et c’est ce qui explique son gigantesque succès. The Cure, c’est l’anti-Guns ‘N’ Roses, ils souffrent, et ils le montrent, le chantent, sans pudeur, sans le masque de la virilité, et plaisant aussi bien aux filles qu’aux mecs.

Le groupe n’a jamais aussi bien porté son nom que dans cet album. Meilleur qu’une tisane à l’absinthe ou qu’un pot de glace au chocolat, Disintegration n’est pas seulement un classique, c’est un disque indispensable.


 

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Il y a 12 commentaires.

  1. Pingback: www.fuzz.fr

  2. Marrant ça, le jour de sa sortie je l’ai détesté, en tant que gothique pur et dur à cette époque, pour moi pornography restera le chef d’oeuvre des Cure.
    Mais tou sles 10 ans, le Bob nous fait sa crise, veut dissoudre le groupe, et nous sort une merveille, pornography, disintegration, bloodflowers.
    Ce n’est que depuis la trentaine passé que j’ai enfin réussi à aimer cet album, bizarre.
    C’est surtout l’album le plus connu des Cure aux USA qui a inspiré pas mal de groupes de la vague grunge par exemple.

  3. « disintegration » est et restera une pure merveille du génie musical de The Cure. Et moi je m’en rappelle bien de cette époque, même si j’étais aussi un peu jeune. Bon post sans aucune ride ;)

  4. les fans des « Cure », vous diront que l ‘album culte c’est « Pornography » ou « Faith » et surtout pas desintegration….enfin il y aurait beaucoup à dire sur les albums de cure , mais parler d ‘eux en sitant l ‘album desintegration, c’est du gros n ‘importe quoi , c’est rater sa copie !
    Claire

  5. In reply to claire

    Mdr, désolée de ne pas correspondre au modèle de la parfaite petite fan ! :D

    Continue à ne pas te faire tes propres idées, je continuerai à bâcler mes « copies » en ne correspondant à aucun modèle connu de « fan » :)

  6. contrairement a ce que dis Claire, je trouve cette article tout a fait representatif qu’est ce magnifique album de the cure……….

    j’ai 35 balais maintenant, j’ecoute les cure depuis l’age de 11 ans et cette album me fait toujours autant frissoner merci pour ce belle article

    Nothing left but faith ………..

    DSC

  7. Perso je me souviens très bien de la sortie de cet album (OMG que le temps passe vite), en fait c’est le dernier Cure que j’ai aimé… Mais je préfère tout de même Pornography et Faith (et le 3ième donc je me souviens plus titre en ce moment).
    Et je suis d’accord avec Eddie, chacun ses goûts… quand je vois ce qu’écoute « la masse », je suis content d’avoir des goûts propres à moi :-)

  8. Comme Damien Disintegration est le dernier album de que j’aie vraiment aimé. En fait j’aime tous les albums avec Lol Tolurst et depuis son depart la musique du groupe n’a plus la même saveur.

  9. Salut Eddie,

    Merci de m’avoir fait (re)découvrir cet album.

    J’avais 17 ans lors de sa sortie.
    La pop de l’époque (Top 50) me consternait (du reste celle de maintenant aussi ;-) ) mais comme beaucoup – je pense – Lullaby m’a fait entrer dans l’univers teinté de mélancolie du 33 tours (eh oui).

    Pornography vs. Disintegration. Mon coeur balance.
    Ces deux albums sont des pépites de Robert & Co. Mais chacun dans leur genre.

    J’ai tendance à replonger dans « Disintegration » lors des moments de « moins bien » ou lorsque la fatigue me prend, au cours des longues soirées d’hiver.
    Le casque sur les oreilles, une simple lampe de chevet diffusant une lumière chaude la pièce, un bon fauteuil.
    Bref, le bonheur.

    Comme ton site Eddie.
    Merci à toi de nous faire partager ta passion.

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  11. « The album » à avoir, fan ou pas des Cure !
    J’avais 14 ans à sa sortie et je me rappelle très bien les circonstances de la première écoute… Waouhhh… Je m’étais pris une sacrée claque ! Et depuis toujours fan !

  12. Bonjour
    fan des cure depuis une vingtaine d’années, je trouve ta description de disintegration très touchante et juste. Ce n’est pas mon disque préféré des cure et je préfère la trilogie des débuts 80’s plus minimaliste, mais disintegration est sans conteste leur album le plus abouti.
    Bonne continuation, there’s nothing left but faith…

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