TOTALLY ENORMOUS EXTINCT DINOSAURS – Trouble (2012)

TOTALLY ENORMOUS EXTINCT DINOSAURS
Trouble

(Xenon, 2012)

par Théodore

Il m’a fallu quelques petites semaines pour m’attacher au premier véritable album de l’Anglais TEED. qui, c’est vrai, ne saute pas à la figure dans une explosion de riffs en or. Trouble agit plus dans la durée : je l’ai écouté quatre ou cinq fois un peu à côté (en lisant, en prenant le métro, en m’endormant), et c’est en train de devenir mon album-doudou. Parce que passé ce moment où je m’étonnais de ne pas m’en lasser, je commençais au contraire à développer un gros attachement à certains morceaux.

Si j’ai pu flairer un ennui qui finalement n’est pas venu, c’est parce que Trouble a parfois l’air de n’être qu’un seul morceau varié indéfiniment. Une piste s’arrête, la suivante reprend, la tonalité est la même, le riff de base est différent, mais il est rapidement englouti dans les mêmes vagues de lounge qui forment la « patte » de TEED en terme d’arrangement. Tout est écrit très horizontalement, avec un thème qui en remplace un autre, les arrangements qui s’empilent en petits éléments qui viennent s’ajouter régulièrement. On est, du coup, dans une certaine forme de routine (l’album n’est pas loin d’un effet « temps de chargement dans un jeu de snow »), et pourtant…

Pourtant, certains morceaux viennent s’imprimer très puissamment dans mes oreilles. La subite violence du refrain de « Household Goods », en premier, avec ses espèces de puissantes respirations qui se soulèvent. Et surtout des thèmes dotés d’une petite perfection mélodique : le déjà tube « Garden », ou encore « You Need Me On My Own ». C’est idiot, mais encore une fois, je pense qu’un type qui fait de l’électro fait la différence avec ce qui se fait autour de lui en portant simplement soin à l’harmonie. C’est peut-être un peu vieux jeu, mais j’ai beau aimer (beaucoup) l’électro ces derniers temps, l’ingrédient clé reste souvent la composition plus que la rythmique. Grâce à ça, Trouble touche, de temps, en temps, la grâce (rien que ça).

À l’exception du véritable tout dernier morceau « Stronger » un peu là pour rien, TEED a fait de sa fin d’album un petit enchaînement très contemplatif, un peu engourdi, doté de morceaux franchement troublants (trouble ?) comme « Closer », qui tient sans problème ses six minutes sur la même mélodie. C’est ce qui donne l’impression que l’album ne s’arrête jamais vraiment mais qu’on s’endort avec lui. Contrairement au reste, les deux morceaux dont il est question sont impossibles à glisser dans un set de boîte. Pas vraiment qu’ils soient tristes — un peu facile, le coup du morceau triste en fin d’album —, plus une impression d’absence, de flottaison, et des conclusions franchement dysharmoniques comme celle de « Fair ».

Bref, un album en apparence plan-plan qui passe sous la table une vraie finesse, un côté beau et addictif qui vient avec le temps. Trouble est une musique molletonnée, une invitation à la flemme. Typiquement, pas un album à écouter en retenant son attention dessus, mais plus à laisser opérer son pouvoir d’engloutissement alors qu’on se croit plongé dans autre chose. Et se laisser conquérir.

Il y a 3 commentaires.

  1. Très belle critique, no-comment.
    (Je m’empresse d’écouter cet album :) )

  2. Je plussoie Hugo :)

  3. Entre le Passion de Para One et Hot Chip.

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