Rencontre avec Future Islands

Rencontre avec Future Islands

J’ai eu l’occasion, merci Marion, de rencontrer Future Islands lors d’un concert de leur tournée européenne. Autant vous dire tout de suite que ces types se prennent pour des rock stars, n’acceptant de manger que des cuisses de renards alsaciens et du champagne péruvien. Quant au chanteur, il n’a même pas daigné se pointer à l’interview, préférant s’envoyer en l’air avec ses esclaves sexuelles, des jumelles suédoises qu’il se re-tapera plus tard sur scène devant un public ébahi.

Ou alors… Ou alors, ce sont trois mecs originaires de Caroline du Nord, et basés maintenant à Baltimore, qui n’ont d’autre ambition que de continuer à faire de la musique jusqu’à ce qu’ils n’aient plus rien à exprimer. Enchaîner les albums, sans trop savoir où cela les emmènera et faire danser les gens partout dans le monde. Ça fait un peu « monde des Bisounours », j’avoue, et William (basse) a d’ailleurs quelques ressemblances physiques avec un Bisounours, mais après avoir discuté un moment avec eux, j’ai surtout gardé l’impression d’un groupe très soudé et intelligent. Cela fait dix ans qu’ils se connaissent et font de la musique ensemble, je ne vois pas de raison pour que cela s’arrête.

Dix années d’amitié, six de Future Islands. Au départ, ils se sont connus parce qu’ils habitaient à quelques blocs l’un de l’autre et une fois qu’ils se sont retrouvés dans la même université, ils ont commencé à s’amuser à faire de la musique. C’était d’abord pour le fun, m’ont-ils expliqué, mais au bout de deux ou trois ans, c’est devenu bien plus sérieux. Après avoir évolué sous différents noms, avec d’autres musiciens, avant de créer Future Islands à quatre, puis d’éjecter un des membres pour finir en threesome.

Basse, synthés et voix, ils n’ont jamais vraiment dévié de cette structure. William regrette parfois de ne pas avoir un batteur sur scène, car selon lui cela pourrait leur permettre d’improviser un peu plus. Samuel Herring (voix), qui n’était effectivement pas là au moment de l’interview car il faisait la lessive du groupe (sans déconner), est selon Gerrit (claviers, programmation) le « chef suprême » (comment vous traduiriez « overlord » ?) dès qu’il s’agit de valider les morceaux. Sam ne joue pas d’instrument, mais il apporte les paroles, les histoires, et c’est en partageant sa vision avec William et Gerrit qu’ils arrivent à mettre de la musique sur tout cela. Mais à la fin, c’est lui qui décide. Bon, ils ne me l’ont pas dit comme ça, mais le mot « overlord », même dit avec le sourire, veut dire bien ce qu’il veut dire !

En leur disant que j’ai pas mal ramé pour décrire leur musique sur Le Choix, on a essayé en vain de trouver une phrase qui résumerait l’affaire. Ce n’est juste pas possible. Leurs influences sont multiples et diverses, de la new wave au son des vagues s’écrasant sur les rochers. William me dit qu’ils ont été dernièrement associés à la chillwave. Je lui dis « bullshit », il me dit « I know ». Ils avaient bien tenté il y a quelques années de créer un mot, « post-wave », pour couper court aux tergiversations sur le genre de musique auquel ils se rattachaient le plus. Ça a plutôt bien fonctionné puisqu’il est repris sur Wikipédia et dans une bonne partie des articles les concernant. Mais évidemment ce mot ne veut strictement rien dire, on est d’accord ?

En leur posant des questions sur leurs ambitions, leur futur, ils m’ont semblé très sereins et très posés. Ils apprécient toujours autant jouer dans des petites salles que dans des festivals. Ils s’autoriseraient volontiers à jouer dans des stades si l’occasion se présentait. J’aimerais bien voir ça. En attendant, ils vont probablement recommencer à enregistrer de la musique en avril.

Quant au concert en lui-même, ma foi, c’était fabuleux. La qualité de la musique créée par William et Gerrit, très concentrés d’un côté et de l’autre de la scène, associée à la présence scénique monstrueuse de Samuel Herring donne à voir un show hypnotisant. On pourrait passer une heure à regarder ce type se contorsionner, faire des grimaces étranges, mimer des scènes incompréhensibles en chantant avec cette voix si distinctive. Mais mieux vaut se rappeler qu’on a des bras, des mains et des jambes quand des morceaux comme « Tin Man », « Vireo’s Eye » ou « Balance » mettent la salle en ébullition. Ne loupez pas la prochaine fois que le groupe passe près de chez vous et allez écouter leurs albums si ce n’est pas déjà fait !

> Ecouter Future Islands sur Grooveshark
> Lire ma critique de In Evening Air

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