Chronique de disque : y a une méthode ?

  • 18 septembre 2009
  • Par Eddie

Chronique de disque : y a une méthode ?

« Comment chroniquer un disque ? », cette excellente question m’a été posée par un lecteur, Lucas de son prénom, dans un commentaire. Je lui ai pondu une réponse rapide et bancale avant de me rendre compte qu’il pourrait être intéressant de confronter les méthodes de mes collègues blogueurs musicaux, plutôt que de livrer ma petite recette personnelle. J’ai donc demandé à Julien, Arbobo et Jean-Sébastien, quatre blogueurs que j’aime lire, d’abord, et dont les chroniques ne se ressemblent pas. Oui, tant qu’à faire, autant essayer de trouver des gens ayant des méthodes différentes, me suis-je dit dans mon infinie lucidité de fin de soirée.

De plus, comme dit un illustre collègue, « une chronique de disque, et la manière de concevoir celles-ci en disent long sur leur auteur ». J’y avais pas pensé comme ça, mais c’est loin d’être con. J’espère qu’aucun psychanalyste ne lit Le Choix… J’avais aussi contacté Cécile de Words & Sounds, mais elle était déjà en train de préparer un billet sur le même sujet. Son article, complétant admirablement bien celui-ci, est à lire là-bas.

Qu’est-ce qu’une « mauvaise » chronique ?

En commençant ce blog, je me suis évidemment demandée comment… eh bien comment on fait pour parler de musique. Je me souviens d’un commentaire d’une fille sur ce blog, me disant qu’elle était étonnée de lire dans mes chroniques ce qu’elle ressentait à l’écoute du disque en question, elle qui avait du mal mettre des mots sur ses émotions. C’est vrai que la critique de disque lambda consiste à enchaîner des simili-banalités du genre « c’est beau », « la voix est belle » et autres variations autour du Beau. Pour aller plus loin, expliquer pourquoi tel disque transcende les autres, pourquoi on l’aime, pourquoi il vaut qu’on débourse quelques pièces pour l’acheter, il faut une certaine rigueur. Mine de rien, y en a qui gagnent – mal, mais quand même – leur vie en écrivant des chroniques de disques, c’est donc que tout ça nécessite un minimum de boulot.

J’acquiesce vigoureusement avec Arbobo quand il m’écrit qu’« une mauvaise chronique c’est celle qu’on termine sans savoir si l’auteur a aimé ou non. » Il n’y pas pire qu’une chronique dont on ressort en se demandant : « Mais euh… est-ce qu’elle a aimé le disque ou pas au fait ? »

Il n’y a rien de plus chiant qu’une chronique dans laquelle l’auteur décrypte chaque morceau en lui adjoignant des adjectifs toujours plus recherchés (merci le dictionnaire des synonymes) du genre « « Mange tes carottes » est un morceau impressionnant de justesse, avec son riff de guitare accrocheur et des paroles puissantes. » Oui, mais c’est une bonne chanson ou non ???

Cet article n’est donc pas un Guide de la chronique réussie, on est tous un peu prétentieux, mais pas à ce point-là. (update : j’ai mis le « pas » en gras car certaines personnes n’ont vraiment pas compris la démarche)

Ce sont des exemples parmi d’autres de méthodes d’écriture, propres à leurs auteurs respectifs.

Quels disques chroniquer ?

Vous connaissez ma réponse à cette question, elle est la même que celle d’Arbobo de Arbobo.fr : « je parle presque exclusivement de choses que j’aime, voire que j’adore » Chroniquer un disque pour en dire du mal, je trouve que c’est une perte de temps et d’énergie.

Récemment, Benjamin a chroniqué le nouvel album de Muse, en le massacrant consciencieusement. La plupart du temps, il ne consacre ses chroniques qu’à des artistes qu’il affectionne mais « trouve parfois dommageable que personne ne s’attaque à des grosses machines qui ont pris des chemins sinueux et contestables ». De plus, et je suis d’accord, ne parler que des choses qu’on aime peut vite s’avérer lassant, et se lâcher en démontant un disque est franchement rafraîchissant. Je l’avais fait avec High School Musical 2 (oui, je n’y vais pas de main morte), et j’attends le moment où je pourrais me lâcher sur une autre bouse de ce style.

Tenir un blog musical, c’est chroniquer ce qu’on veut, quand on veut, comme on veut. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à écouter. Chroniquer ce qu’on aime, ok, mais il faut d’abord trouver ce qu’on aime et se décider à en parler. Car parler d’un disque, c’est remettre à plus tard l’écoute de dizaines d’autres. Au final, j’écris peu de chroniques par rapport au nombre de disques que j’ai aimé.

« Je chronique (dans la mesure du possible) l’intégralité des disques qui chaque année m’ont touché. » Benjamin est un fou. Enfin pas vraiment, car quand vous découvrirez sa méthode, vous verrez que son ambition est en fait loin d’être aussi extravagante qu’elle n’en a l’air. Comme souvent, je me sens plus proche de la réponse d’Arbobo : « Je chronique des disques que j’aime, plutôt peu connus ou alors de mes chouchous »

Chroniquer ce qu’on aime, ok, mais chroniquer TOUT ce qu’on aime ? Sur Le Choix, je chronique à la fois des artistes très, moyennement ou peu connus. Mes chouchous se doivent de sortir au moins un très bon disque pour avoir droit à leur chronique (ex: Arctic Monkeys avec le « bien sans + » Humbug). Je ne me suis jamais dit que je pourrai chroniquer tous les disques qui m’ont touché. Mais peut-être qu’avec une méthode appropriée…

Les méthodes

Julien de Des Oreilles dans Babylone et Benjamin ont des méthodes très pointues. Benjamin n’hésite pas à parler de « mode opératoire très précis, plein de règles et d’obligations » Vous comprenez sûrement pourquoi il dit que la manière de chroniquer un disque en dit long sur son auteur !

Jean-Sébastien de Good Karma, Arbobo et moi-même avons une méthode plus freestyle – surtout moi – mais qui possède tout de même certaines règles intangibles (ou presque).

Le tri

Écouter le disque au moins cinq fois, c’est notre seul point commun en termes de méthode. On ne s’autorise pas à choisir de parler d’un disque avant d’être sûrs qu’il en vaille la peine et surtout avant d’être plus ou moins sûrs d’en avoir fait le tour, au moins assez pour pouvoir donner un avis assez argumenté et complet à notre goût. C’est la seule règle « de base » je dirais en ce qui concerne les réponses que j’ai reçu, et mon avis personnel.

Le choix des disques à chroniquer semble être assez facile pour tout le monde. Chacun à son p’tit système de tri sélectif perso.

Personnellement, j’ai 3 dossiers : « À écouter », « À réécouter », « À chroniquer », en plus de mon dossier « Albums ». Je dispatche tous les disques dans ces dossiers et quand j’ai envie d’écrire une chronique, je vais dans mon dossier « À chroniquer ». Parfois des chroniques sont programmées, parfois non. Il m’arrive d’écouter un disque 7 ou 8 fois dans la même journée et d’en faire une chronique le jour-même… ou un mois plus tard. Ma méthode de tri et de choix est absolument freestyle. Tout cela est conditionné par les disques qui me passent sous le nez. Tout est conditionné par nos sources d’approvisionnement, si j’ose dire, et nos goûts personnels. Dire qu’on écoute de tout sans nuancer, c’est se foutre de la gueule du monde. Par exemple, personnellement, j’écoute en priorité les artistes indés américains parce que ce sont eux qui me procurent le plus de plaisir depuis toujours.

Que dire et comment le dire ?

J’ai ici un point commun avec Benjamin : je ne prends pas de notes lors des écoutes de l’album. Nous l’écoutons attentivement (intensément est l’adverbe qui me convient le plus) plusieurs fois, on s’en imprègne profondément, et lors de la phase d’écriture, on laisse couler nos impressions en essayant de ne pas s’éparpiller.

C’est, je crois, très personnel. Tout dépend du parcours, de l’expérience (parfois professionnelle) de chacun. Vous commencez à me connaître, vous savez que je n’avais aucune expérience littéraire avant ce blog (à part pour l’école, et même si certains continuent d’en douter) (y en a même qui pense que je suis plusieurs, lol), et que mon rapport à la musique est assez… primaire, dans le sens où je ne cherche pas à déguiser mon ressenti derrière une prose complexe, mais que je livre tout sur un plateau. L’expression « ne pas s’éparpiller » de là-haut est primordiale. Pour ma part, ça consiste à ne pas partir dans des digressions vite emmerdantes.

Après avoir écouté l’album une dizaine de fois ou plus, j’ai en mémoire des « grosses idées » autour desquelles je sais que je pourrais « broder » (dans le sens non-péjoratif du terme) et réussir à faire le tour de mes impressions. J’écoute bien entendu le disque en même temps que j’écris, je le mets sur pause, j’écoute plusieurs fois la même chanson, etc. La longueur de mes chroniques, c’est au feeling. J’écris jusqu’à ce que je n’ai plus rien à dire, puis je regarde le résultat et je rogne, arrange et ré-arrange jusqu’à obtenir une longueur « digeste » pour le lecteur.

Julien et Arbobo prennent des notes. C’est quelque chose que je sais faire mais qui ne me sert pas. Je fais beaucoup confiance à ma mémoire et à la manière dont les morceaux me touchent ou ne me touchent pas. C’est un peu dangereux.

La méthode de Julien sera sûrement la mienne quand je commencerai à douter de ma mémoire, lol ! Il commence à prendre des notes sur une feuille A4 lors de la troisième écoute, « du genre « la 5, le solo de guitare à la 3ème min déchire », « la 6, trop lente »… ». Suivent des recherches sur le groupe et la lecture d’avis déjà publiés sur d’autres sites et blogs, quand il y en a. Il laisse reposer tout ça quelques jours, continue d’effectuer quelques écoutes du disque.

Enfin, quand arrive la phase de rédaction, il essaye de varier les structures (exemple : ne pas toujours commencer par des éléments biographiques sur le groupe) et barre au fur et à mesure sur sa feuille blanche les choses dont il a parlées. Sa méthode ressemble comme deux gouttes d’eau à celle qui est la mienne quand je dois écrire des dissertations et que je ne peux pas prendre le risque de tout miser sur ma mémoire.

Les éléments biographiques et influences

Jean-Sébastien : « Pour ma part, j’ai une approche peut-être un peu plus de journaliste que de blogueur (déformation professionnelle). J’aime donner des infos sur le groupe dans la chronique de son disque. Rappeler le contexte, son parcours, ses collaborations. Ça replace l’artiste parmi ses compères et surtout ça informe concrètement sur lui. C’est en lisant ce genre de papier que j’ai beaucoup appris en musique, donc je me dis que ça doit également faire plaisir à d’autres. »

Arbobo : « Parfois j’ai pour toute info ce qu’on trouve sur le MySpace. Ça oriente ma manière d’en parler, moins c’est connu plus on a intérêt à apporter un minimum d’infos, plus c’est connu et plus les infos qu’on donnera sont déjà partout dans la presse et le web, donc autant se concentrer sur le disque. » « J’essaie d’évoquer des titres, et de ne pas abuser des références. »

Quant à moi, j’essaye de distiller des infos biographiques tout au long de la chronique. J’ai récemment pris l’habitude de créer un « chapeau » (le 1er paragraphe en gras dans chaque chronique) qui contient presque exclusivement des infos biographiques, un replacement dans le contexte comme dit Jean-Sébastien. Même quand il s’agit d’un groupe peu connu, je passe très vite sur leur histoire, comment ils en sont arrivés à ce disque, comment ils ont rencontré leur producteur, etc. Je ne suis pas aussi extrême que Benjamin qui « à aucun moment » ne se renseigne sur l’artiste ou ne lis d’interview, bref, essaye d’en savoir « le moins possible afin de conserver un esprit frais sur la musique ». Nous ne sommes pas des érudits (moi encore moins que les autres), et je pense également loin de vouloir absolument en devenir. Être érudit n’empêche pas de faire parfois des erreurs de jugement impardonnables, n’est-ce pas m’sieur Manoeuvre ?

Les éléments biographiques et les influences, c’est une question de dosage, c’est aussi une question de connaissance de son lectorat. J’avoue ne pas savoir à qui je m’adresse. Je reçois des mails de filles de 15 ans, de types de 50 ans, de trentenaires, de mamans de 40 ans… Tout ça me perturbe un peu j’dois dire. Dois-je m’attarder un peu plus sur les influences des artistes dont je parle pour élargir les horizons de ceux et celles qui lisent la chronique ? Leur donner envie de taper le nom de ces influences dans les moteurs de recherche de Spotify ou Grooveshark ? Ou est-ce qu’ils s’en battent les miches de ces groupes « influenceurs » qu’ils ne connaissent pas et qu’ils veulent seulement savoir si le disque dont je parle me plaît ou non ?

Je pense que ce sont des questions qu’il faut se poser, tout en sachant qu’il n’y a bien évidemment pas de solution idéale. Je sais qu’il y a des chroniqueurs que je n’aime pas du tout lire car ils ne font qu’empiler les influences et consacre 75% de leur chronique au parcours du groupe. Chacun son truc, mais je trouve ça ignominieusement emmerdant.

Conclusion

Impossible de conclure ce billet sans donner le meilleur conseil que j’puisse donner à quelqu’un qui veut écrire sur de la musique – ce qui, Frank Zappa l’a très bien dit, ne sert à rien – et se demande comment faire : FAITES-VOUS PLAISIR !

Je me sens plus proche de la méthode Arbobo. J’trouve intéressant de remarquer qu’il a « environ 25 ans d’écriture quotidienne sous toutes ses formes ». J’écris pas tous les jours, mais j’écris souvent et ce depuis environ 5 ans, en développant (sans doute inconsciemment) un style basé essentiellement sur le plaisir. Tout est dans le plaisir. Je fais dans l’hédonisme musicalo-littéraire naïf.

Je ne pense pas changer ma « méthode ». Je sais que je vais devoir recommencer à m’organiser un peu plus sérieusement (oui, là j’suis un peu en roue libre) avec la rentrée, le retour du boulot à faire chez moi le soir, etc. Je m’inspirerai sûrement des méthodes décrites ci-dessus.

Un grand merci à Julien, Arbobo, Benjamin et Jean-Sébastien pour leurs réponses qui, je l’espère, donneront envie à certains et certaines se lancer dans la chronique de disques ! Comme j’ai bien aimé les lire, j’ai décidé de vous les proposer dans leur intégralité.

La question, je vous le rappelle, était donc : « Comment tu chroniques un disque ? »

Julien de Des Oreilles dans Babylone :

« Pour commencer, le nombre d’écoutes est primmordial. Je ne peux chroniquer un disque que j’ai écouté (attentivement, pas d’une oreille distraite) moins de… disons cinq fois. En général deux écoutes de découvertes, et à la troisième, je commence à prendre des notes sur une feuille blanche, du genre « la 5, le solo de guitare à la 3ème min déchire », « la 6, trop lente »… Ensuite je prends une bonne demi heure, voire une heure, pour faire des recherches « techniques » sur le groupe et lire les avis déjà publiés sur d’autres sites/blogs quand il y en a. Si c’est en anglais, ça prend plus de temps évidemment. Je note toutes ces infos sur ma feuille A4, qui en générale se retrouve bien remplie (à la main donc). Je laisse passer quelques jours, quelques écoutes. Enfin, je lance une dernière écoute pendant la rédaction de la chronique (et je mets pause si je n’écris pas assez vite pour suivre le fil), et je tappe ma chronique en essayant de varier les structures (ne pas toujours commencer par la biographie par exemple), petit à petit je barre sur ma feuille ce dont j’ai parlé, et généralement quand tout est barré sur la feuille, c’est que j’ai tout dit, la chronique est terminée. J’attends quelques heures pour la relire à tête froide et corriger les éventuelles fautes. Quand tout est ok je publie. Je n’ai en général pas plus de 3 ou 4 « fiches chroniques » en cours en même temps. Il peut aussi finalement m’arriver de déchirer une fiche parce que je ne veux plus la faire, ou alors de tout faire dans la même journée parce que c’est un vieux disque que je connais très bien. »

Arbobo :

« D’abord, je ne sais pas trop que répondre, parce qu’étant autodidacte je n’ai jamais vraiment disséquer ma manière de faire. J’ai écrit dans différents cadres à contrainte, du mémoire universitaire à la pige calibrée au nombre de signes, et mon écriture pour mon zine est très spontanée par comparaison, c’est un peu la récré permanente.

Ensuite : une « bonne » chronique ça n’existe pas,
enfin si évidemment ça existe mais on s’en fout, finalement.

La seule « obligation » que nous contractons envers nos lecteurs, c’est de leur faire comprendre si on a aimé un peu, beaucoup ou pas du tout. Une mauvaise chronique c’est celle qu’on termine sans savoir si l’auteur a aimé ou non.
Après, la forme… les infos…

Je chronique des disques que j’aime, plutôt peu connus ou alors de mes chouchous, et parfois j’ai pour toute info ce qu’on trouve sur le myspace. Ca oriente ma manière d’en parler, moins c’est connu plus on a intérêt à apporter un minimum d’infos, plus c’est connu et plus les infos qu’on donnera sont déjà partout dans la presse et le web, donc autant se concentrer sur le disque. Plus on déteste et plus on doit expliquer pourquoi, aussi, c’est ma manière de concevoir la liberté de critiquer : je peux dire pis que pendre sur n’importe qui, à condition de démontrer que je ne le dis pas gratuitement mais après avoir vraiment écouté et travaillé. Totu bénévole qu’on soit, on écrit sur un espace public, le web, c’est foncièrement différent d’une conversation entre potes (à mon grand dam, vu que je suis souvent drôle avec mes potes, et rarement dans mes chroniques :-/

D’une manière générale je cherche toujours des infos. Ecoutes nombreuses, en continu ou segmentées, parfois en prenant l’album en plein milieu. Recherche d’infos sur internet, label, collaborations ou disques précédents, nationalité… Chercher les infos, c’est parfois les chercher à l’oreille, dans mon cas, profiter d’une 10e écoute pour parler d’une intro, de l’utilisation d’un instrument, etc. Ce qui implique que je prends souvent des notes lors de l’écoute. Et je prends des notes en cours de route, sur mon iphone j’écoute et je note en même temps, je rajoute, je rajoute, ensuite j’écris un brouillon et une fois le brouillon terminé je relis mes notes pour savoir si une formule était mieux sentie, si un angle était plus pertinent, si une info mérite d’être ajoutée.
Je suppose que je suis banal en faisant un premier jet d’une traite, que je retravaille, souvent à la marge parce qu’on prend l’habitude de construire ses billets d’une certaine façon. J’essaie d’évoquer des titres, et de ne pas abuser des références.
Comme je parle presque exclusivement de choses que j’aime, voire que j’adore, mon ambition à chaque fois est de communiquer mon coup de coeur, de donner envie, tout en m’efforçant d’expliquer. J’essaie de trouver un mix entre l’info, la critique, et l’expression de mon ressenti. Comme ça quelqu’un qui débarque peut y trouver son compte, mais ceux qui sont en phase avec une partie de mes goûts ont des clefs intuitives pour savoir si ça devrait les tenter ou non :-)
En somme, c’est l’écriture qui me guide.

Ma méthode est intuitive, et donc laisse transpirer les critiques qui m’ont influencées (les Inrocks, en gros, même si je bouffe du Magic et du Vibrations à haute dose). Ca consiste à glisser des infos en essayant de ne pas être didactique, ce qui est une coquetterie de graphomane ^^
Cette liberté d’écriture repose sur la certitude d’avoir assuré mes arrières. Le « travail » évoqué plus haut, qu’on fait par ci par là sans trop s’en rendre compte. Pour l’écriture j’ai la faiblesse de croire que c’est un peu pareil, mon habitude un peu flemmarde d’écrire au fil de la plume et modifier à la marge, je crois les avoir achetés par environ 25 ans d’écriture quotidienne sous toutes ses formes, avec ou sans contraintes, professionnelle ou perso. Ce qui n’empêche qu’un texte que je ne « sens » pas, je ne le sors pas. J’ai des brouillons qui attendent depuis 1 ou 2 ans, jusqu’à ce que je trouve comment les reprendre, parfois en repartant de zéro.

voilà, je me trouve un peu vantard dans tout ça, mais qui sait, il y a probablement une part de vrai :-) »

Jean-Sébastien de Good Karma :

« Pour ma part, j’ai une approche peut-être un peu plus de journaliste que de blogueur (déformation professionnelle). J’aime donner des infos sur le groupe dans la chronique de son disque. Rappeler le contexte, son parcours, ses collaborations. Ça replace l’artiste parmi ses compères et surtout ça informe concrètement sur lui. C’est en lisant ce genre de papier que j’ai beaucoup appris en musique, donc je me dis que ça doit également faire plaisir à d’autres.

D’autre part, je ne suis pas un très grand adepte de la métaphore telle qu’on peut parfois la lire lorsque certains décrivent les chansons composant l’album. Tout d’abord parce qu’il faut un talent certain d’écriture pour le faire, d’autre part parce que je trouve ça vite emmerdant, une impression que l’autre « s’écoute un peu parler » par des figures de styles qui ne parlent finalement qu’à lui (à part quelques rares talents qui y arrivent).

Avant d’écrire, il faut bien entendu que j’écoute le disque plusieurs fois (entre 5 et 10, voire plus), pour être certain de ne pas céder à la tentation de l’album catchy qui perd tout son sel au long des écoutes ou alors ne pas passer à côté d’un disque majeur qui lui ne se révèle qu’après plusieurs écoutes (il y en a tellement). Bref, j’aime prendre mon temps, histoire de ne pas se faire avoir par l’instantanéité ou la pudeur d’un disque. »

Mise à jour : Ce billet a été mis à jour. Un des blogueur interrogé n’était plus du tout en phase avec ce qu’il a écrit, sa manière d’écrire a changé, tout simplement. Comme la mienne d’ailleurs ! La démarche de cet article a été mal comprise : il s’agissait de réfléchir sur ma manière d’écrire en la comparant avec celles d’autres blogueurs qui font à peu de choses près la même chose que moi. Il n’y avait pas d’envie de donner des leçons ou quoique ce soit, d’ailleurs si vous avez lu l’article jusqu’ici vous l’avez compris, les mauvaises langues n’ont vraisemblablement lu que le titre. Le titre de l’article a changé également : le maladroit « Comment chroniquer un disque ? » est devenu « Chronique de disque : y a une méthode ? », qui me semble plus en phase avec le contenu de l’article.

Il y a 30 commentaires.

  1. Génial et passionnant, bravo à tous !

  2. rdv sur les commentaires du post sur Word & Sound.

  3. Ah vraiment excellent cette confrontation d’approche, je vais l’envoyer à tout le monde.

    En tout cas tu as bien cerné ma façon de travailler, et si j’avais du choisir une illustration, j’aurais sans doute pris la même !

    Un point d’Arbobo m’a particulièrement interpelé : « Tout bénévole qu’on soit, on écrit sur un espace public, le web, c’est foncièrement différent d’une conversation entre potes (à mon grand dam, vu que je suis souvent drôle avec mes potes, et rarement dans mes chroniques :-/) » J’avoue que ça c’est une question de fond qui crée une certaine frustration. Jusqu’à quel point peut-on se permettre d’être « marrant » en parlant d’un disque ? Faut-il se laisser aller ou ne doit-on pas dépasser les bornes ?
    Personnellement, je lirais avec plaisir des chroniques d’Arbobo où il se lâche comme avec ses potes !

    Et pour finir, je ne me sens pas visé par les « Il n’y a rien de plus chiant qu’une chronique dans laquelle l’auteur décrypte chaque morceau en lui adjoignant des adjectifs toujours plus recherchés (merci le dictionnaire des synonymes) » ni par les « je ne suis pas un très grand adepte de la métaphore telle qu’on peut parfois la lire lorsque certains décrivent les chansons composant l’album […] parce que je trouve ça vite emmerdant, une impression que l’autre “s’écoute un peu parler” » ;)

    Encore merci pour cette article riche et passionnant !

    PS : Eddie, quand tu dis « vous savez que je n’avais aucune expérience littéraire avant ce blog (à part pour l’école, et même si certains continuent d’en douter) (y en a même qui pense que je suis plusieurs, lol) » tu oublies de préciser qu’il y en a surtout certains qui sont toujours persuadés que tu es un homme :p (d’ailleurs tu n’as pas répondu à mon DM rapport au 25)

  4. Cela n’a rien n’a voir avec cet excellentissime billet, mais moi aussi, comme Benjamin, je suis curieux de savoir si tu viens le 25. Car à moi non plus tu ne m’as pas dit si tu étais enfin rentré(e) à Paris. :p

    Blague mise à part, merci pour ce billet hyper intéressant. Vraiment.

  5. merci eddie, c’est une riche idée que tu as eu là,
    d’ailleurs tu vois que même ceux à qui tu t’es adressé sont les premiers à être curieux des réponses de autres et des tiennes :-)

    il y aurait encore beaucoup à dire,
    notamment sur le contexte :
    – certains sites sont collectifs (pour Benjamin et moi, nous écrivons 95% du contenu), ça peut jouer soit sur les choix soit sur le traitement
    – certains comme toi, JS ou moi ne parlons que de musique, mais benjamin parle de culture au sens large, voire de loisirs suivant la case dans laquelle on range les jeux vidéo.

    tout çà oriente le choix des disques chroniqués, en ajoutant le rythme de publication. Si on publie une fois par mois sur un disque, on va faire une sélection drastique, si on commente entre 50 et 100 disques, ça laisse sa chance à des à-côtés (un disque de jazz ou de world, un introuvable épuisé de longue date, disque mineur mais contenant un bon single…)

    le choix des disques il tient compte de tous ces paramètres.
    Il tient aussi à un facteur qu’aucun de nous ne peut négliger : nos sources.
    Nous recevons des disques, parfois on nous mail pour nous les proposer, parfois on les reçoit direct dans la boîte aux lettres sans avoir à réclamer.
    Nous sommes de plus en plus nombreux à bosser avec des agences de promo.
    Ca compte. D’abord parce que certain-e-s font un super boulot, et se démènent pour nous obtenir des trucs. Ensuite mon approche perso est de ne pas devenir esclave de la promo, sans la renier. J’ai obtenu des interviews magiques grâce à des agences de comm, hors de question de cracher sur cette profession :-)

    En revanche hors de question aussi de tout chroniquer parce que c’est machin ou machine qui me l’envoie. Mais inversement, parfois un disque m’a plu mais sans plus, et j’en parle parce qu’une relation « professionnelle » ça s’entretient. Entendons-nous : je ne mens jamais, je dis toujours ce que je pense du disque.

    Chacun gère ça à sa manière, mais ce serait mentir que de prétendre que ça n’entre jamais en ligne de compte.
    Evidemment, ça n’empêche pas de continuer à faire des découvertes par soi-même, ce qui fait encore plus de boulot (car on écoute déjà la plupart de ce qu’on nous envoie, au moins une fois en diagonale).

    J’ajoute (j’ajoute toujours un truc ^^) un truc qui m’est venu en lisant Cécile : la différence d’écriture web/papier.
    Les liens servent aussi à ça. Ils dispensent parfois d’une note de bas de page ou d’une parenthèse. ou lis peuvent éviter de se répéter tout en mettant en perspective avec ce qu’on a écrit par ailleurs. C’est plus souple et ça peut alléger un article déjà long, par exemple.

    pfiou, que de cogitations :-)

  6. Ouais j’ai les même relations que Mathieu avec les agences de com, et je pense que c’est plutôt « sain ».

    En revanche, je ne chronique que des jeux vidéos qui sont des œuvres, jamais des jeux vidéos qui tombent dans la catégorie « loisirs ». C’est un détail mais le distinguo est important pour moi, et au niveau de ma ligne éditoriale, et au niveau de la reconnaissance de certains jeux vidéos comme forme d’art ;)

  7. Perso je ne critique que depuis peu, et uniquement sur un webzine (un blog c’est bien mais je ne saurais jamais lui donner une apparence sympa, en faire la promo ni même avoir le courage de le tenir autant à jour que le tien).
    Du coup plusieurs petites différences, d’une part le fait d’avoir un nombre de caractère à ne pas dépasser… ça j’ai du mal quand j’aime vraiment l’album, ça peut être frustrant, mais parallèlement ça force à aller à l’essentiel ce qui n’est pas toujours plus mal.
    Ensuite quand un label envoie des disques et que tu te l’accapares avant tes collègues, tu es plus ou moins obligé moralement de le chroniquer (bon au pire on s’arrange et on se le refile les uns aux autres) ce qui fait que parfois il faut parler d’un album sur lequel tu as peu à dire, exercice parfois intéressant et qui peut pousser à des angles d’attaque différents !
    En parallèle la frustration de ne pas pouvoir chroniquer un album parce que quelqu’un d’autre l’a déjà fait existe aussi (rhaaaa, j’aurais tant voulu parler de the XX)

    Pour revenir à la méthode, je me rapproche de celle de Julien, en moins rigoureuse, j’essaie de noter avant quelques idées clés puis de me lancer dans la rédaction, en réécoutant l’album en même temps.

    Quand à définir une bonne critique, difficile. Effectivement il est essentiel qu’elle parle du disque au lieu d’éviter les zigzags rhétoriques, mais au-delà de ça chacun a ses préférences.
    Pour moi l’essentiel est la liberté de ton, que cela soit au travers de l’humour, la passion, la colère, les anecdotes… autant qu’on sente que l’auteur est impliqué et dit ce qu’il pense vraiment, pas ce qu’il croit bon de dire. Si j’apprécie toujours tes critiques c’est, hormis les qualités purement rédactionnelles (langage, structure etc. qui sont indispensables mais pas suffisantes), que j’ai l’impression que tu t’adresses directement à tes lecteurs, sincèrement, sans être élitiste mais en ayant une culture musicale poussée en même temps, avec une pointe d’humour (ce à quoi je tiens) et qu’à la fin de la critique, je peux me faire une bonne idée de si tu aimes ou non l’album et des raisons qui vont avec.

    On notera au passage que ce qui fait une bonne ou une mauvaise critique n’est pas le fait que l’on soit d’accord avec !

    Pour ce qui est de la question de citer ou non les influences, je dirais plutôt que j’aime lire des comparaisons, des rapprochements. Je préfère savoir que le disque de The Quelquechose te rappelle le disque de The Machin que de me faire citer les vraies influences du groupe, qui au final ne transparaissent pas toujours dans la musique. Le seul souci c’est de laisser un peu de côté toute personne qui ne connait pas la comparaison citée ; ce qui est parfois un souci quand une comparaison efficace vaut un long paragraphe d’explication.

    Voilà, je mets la liste de mes quelques critiques en lien (c’est marrant d’ailleurs de voir que si sur le coup j’étais généralement plutôt satisfait, avec du recul je suis plus partagé selon les disques).

  8. Même si je doute que tous les intervenants du billets soient nombrilistes et prétentieux, ce genre de discussions en public sur les méthodes pour écrire des chroniques reste assez vain et très moyen. Un partage d’expérience sympathique pour ceux qui les écrivent, mais qui emmerdera la quasi-totalité des gens qui naviguent sur les blogs, qui ont déjà une certaine tendance à considérer la blogosphère musicale, culturelle, … prétentieuse et nombriliste.
    Parce que mine de rien, en lisant ça avec un peu de recul, et même en répétant que « nous ne sommes pas prétentieux », tout porte à croire le contraire.
    En bref, le genre de discussions intéressantes aux bars entre chroniqueurs et critiques amateurs, mais déplacée ici.
    C’est en tout cas mon avis. Bel effort tout de même.

  9. Allez, j’y vais de mon petit commentaire puisque je suis quand même intéressé par le sujet.

    Déjà, et même si j’ai volontiers accepté de répondre à cette question, je suis assez d’accord avec Thibault. Au combien soit intéressante pour nous cette conversation, est-elle utile au lecteur? Je n’en suis pas sûr. Mais bon dans ce cas vous me direz, il n’a qu’à pas lire.

    Deuxièmement,je voulais préciser que j’ai répondu en dévoilant mes méthodes personnelles sur Dodb, mais qu’elles ne correspondent certainement pas à celles de tous les membres de notre site. Car même si je m’occupe beaucoup de la com et des relations de Dodb, il ne faut pas oublier l’excellent travail de chroniqueurs comme Fabien, Dave, Nickx, HIP HOP, Emmanuel et j’en oublie. Et je pense que chacun doit avoir se méthode également.

    Enfin troisièmement, merci tout de même à toi Eddie d’avoir lancé ce sujet, il est vrai un peu nombriliste, mais tellement passionnant pour des geeks comme nous.

    Au plaisir de vous lire tous.

    Ju
    http://www.desoreillesdansbabylone.com

  10. Eddie, merci mille fois ! D’une simple question posée, tu me réponds plus que je ne m’y attendais. J’avais déjà critiqué quelques albums pour le « fun » mais te lire me donne sérieusement envie de m’y mettre correctement.

    Savoir comment chaque blogueur chronique est très instructif et permet de se créer son propre style de rédaction ! Une riche idée ! Merci encore

  11. Bravo pour cette chronique, qu’on devrait faire lire à de nombreux « chroniqueur » d’album.

    Surtout pour ceux qui égrainent les morçeaux!

    Je suis bien loin de votre niveau, mais je fait mes chronique dans le même sens, envie, plaisir, et globalement que ce que j’aime (quoique chroniquer le dernier Muse me tente bien, pour en dire… du mal)

  12. In reply to Thibault F.

    Hello Thibault !

    Oui, ce billet est un peu nombriliste (blogosphériquement-centrée plutôt, enfin tu m’as compris :D), c’est une réflexion que je trouvais intéressante d’avoir à la fois pour moi, car j’ai appris des choses en le faisant, pour tous ceux et toutes celles qui aiment écrire sur la musique ou qui ont envie de commencer.

    Pour ceux qui n’entrent pas dans cette catégorie, c’est sûr que ce billet ne sert pas à grand-chose (en plus il est long !). M’enfin j’me dis qu’à partir du moment où certaines personnes trouvent que mon opinion est intéressante, j’pense que savoir ce qui se passe dans ma tête, comment je « mets au point » mes chroniques, tout ça peut avoir un intérêt.

    Voilou, bonne soirée ;)

    Eddie

  13. P’tit commentaire pour ceux qui ne trouvent pas d’intérêt à ce billet ou à celui de Cécile.

    En parlant de nos « méthodes » (ou absence de méthodes), on a d’abord cherché à mieux se comprendre. La blogosphère musicale est très petite, tous les blogueurs/euses se lisent entre eux, et on a pas des statistiques de fréquentation mirobolantes.

    On est des blogueurs, des amateurs. Perso je n’ai eu aucune formation, j’suis pas en école de journalisme, donc la seule manière d’apprendre des trucs, c’est de demander aux collègues.

    Le truc important, c’est le fait que, en tant que blogueur/euse, on est SEULS. Seuls derrière notre écran. Les professionnels bossent au sein d’une rédaction, ils ont une formation, un diplôme, une assurance, une confiance en eux, leur travail est jugé par le rédac’ chef et leurs collègues, etc.

    Cet article, loin d’une quelconque prétention, est en quelque sorte une revendication de mon, de notre amateurisme.

    La vraie prétention serait de rester dans son coin à se prendre pour le prochain Lester Bangs. La vraie humilité est d’être consciente de son non-professionnalisme, du doute en son éventuel talent d’écriture.

    Voilou.

    Bon week-end à toutes et à tous ;)

  14. In reply to Lucas

    Y a pas d’quoi, merci pour ta question ;)

  15. In reply to Eddie Williamson

    De plus, le succès de cet article est probant (350 vues sans les abonnés mails) et j’doute que tout ce monde chronique des disques, c’est que ça intéresse :-p

  16. Sympa cet article et je me demandais aussi dans quelles conditions (environnement, matériel) vous faites les écoutes multiples du disque ? le ressenti d’un disque est vraiment différent le matin au réveil, 1h + tard sur un mp3 dans le métro, dans les bouchons le soir, sur un pc portable au son mono, lors du footing au fond des bois ou sur une bonne platine CD (humh mp3) !!! Pour ma part je considère qu’un disque ‘qui comptera’ doit pouvoir résister à toutes ces « épreuves » d’écoute et vous ?

  17. In reply to Arbordelais

    J’avais jamais pensé à ça de cette manière. Un bon disque a tendance à me déconnecter de l’environnement dans lequel a lieu l’écoute. Certains albums y arrivent facilement, d’autres moins, mais c’est pas une raison pour que ces deux albums ne soient pas aussi « bons ».

    J’sais que je peux écouter l’album de The Very Best absolument partout et que ce sera le pied, mais par contre l’album « Dark Night of the Soul » de SParklehorse et Danger Mouse, je n’ai envie de l’écouter que dans un environnement… euh… approprié, calme, etc. Mais dans mon best-of 2009 (qui change à peu près toutes les semaines d’ailleurs) visible tout en haut, le DNOTS est devant le Very Best. C’est pour moi un disque qui « compte » plus – pour reprendre ton expression que t’as bien fait de mettre entre guillemets, lol ! – que le Warm Heart of Africa.

    La seule épreuve, c’est celle du coeur.

    Mon dieu que c’est beau.

  18. Je rebondis sur le comm de Nassim.

    Co-créateur et co-rédacteur d’un blog musicale depuis 6 mois, je me retrouve atteint du syndrome qui pourrait se traduire par la réflexion suivante : « P***, tout le monde parle d’un tel et moi j’ai toujours pas fait ma chronique ! ».

    Au départ, nous écrivions avec le co-créateur d’à l’écoute (c’est le nom du blog…) sur un groupe FB pour des amis qui n’avaient pas le temps de partir à la recherche de nouveaux choses à écouter. Nous nous sommes trouvés à l’étroit sur FB après un an d’existence, d’où la création du blog. Sauf que ce que je n’avais pas prévu, c’est une certaine mise en concurrence entre blogs et blogueurs. Mon sentiment est parfois celui de chroniqueurs amateurs qui se tirent la bourre pour être le premier à parler d’un tel ou d’un tel (exemple flagrant de The xx, cité par Nassim). Or il est très facile de se retrouver à parler d’un album qui ne sortira pas avant une semaine ou (bien) plus dans le commerce. D’où une potentielle frustration du lecteur. Nous nous sommes donc imposés la règle suivante : ne jamais chroniquer un album avant sa sortie (en France !). Et pourtant j’ai encore récemment transgressé cette règle. Après avoir lu la très bonne critique du dernier Noah and the Whale par Violette (http://thevioletteroll.wordpress.com/), j’ai voulu me faire mon propre avis et ayant également beaucoup apprécié le disque, j’ai donc rédigé mon propre billet. Or l’album ne sort officiellement que le 24 septembre… J’ai regretté de ne pas avoir attendu pour publier cette chronique : elle aurait bien pu attendre quelques jours. Les lecteurs n’ont pas les CD de promo et notre « job » n’est pas de les inciter à télécharger illégalement les oeuvres des musiciens que l’on apprécie…

    Pour conclure et résumer, je crois que le plus grand danger qui guette le rédacteur d’un blog culturelle est la complaisance. Pas celle avec telle ou telle maison de disque ou agent de comm, mais celle que l’on entretient avec soi-même. Celle qui fait que l’on écrit parfois plus pour le reste de la blogosphère ou pire, pour soi-même ! Pour tenir le rythme, pour avoir le plaisir de se relire ou pouvoir dire à ses amis « que l’on a un blog de musique ». Finalement ce n’est pas tant la méthode qui importe (on le comprend d’ailleurs en lisant ton très bel article, Eddie) mais pourquoi et pour qui on écrit. Et je pense qu’il est important de ce remémorer régulièrement ses propres motivations, au risque sinon de se perdre en cours de route.

    BeB, http://www.alecoute.net

  19. waouh et oute cette sorte de choses ! Arrivant depuis chez Arbobo (un gars que je connais) ici, avec quelques verres de vin dans le nez (car bien que bio, mon vin est acheté en bibs, ce qui nuit nettement à la modération), je trouve :

    1° le sujet (la question posée sur ce qui rend pertinente ou non la critique musicale) très géniale, parce que je me la poise souvent en tant que lecteur

    2° défilant très vite, ce site a un graphisme et une ergonomie qui me scotchent ! Nondudjuuuu, on est arrivés dans le 3.0 ou quoi ?

    3° Y s’rait-y pas l’heure que je repousse la lecture de ces nombreux octets de réflexions intelligentes à un autre jour, du genre où je ne travaillerais pas ?

    Hm ?

    A+ (wakenwooooo!)

  20. Très bonne initiative !

    Je n’ai « plus qu’à » piocher là-dedans pour me faire ma propre méthode, qui aujourd’hui s’approche du néant. Je n’ai pas de règles, ce qui a ses bons côtés mais donne un résultat inégal, pour ne pas dire merdique assez souvent.

    Merci les miss !

  21. Excellent billet très complet :) bravo !

  22. C’est très intéressant de lire ces différentes méthodes, bravo pour cet article!

  23. Merci pour ce billet extrêmement instructif. Je l’ai lu après avoir écrit ma première chronique, et ça m’a conforté dans mon ébauche de méthode.
    A voir pour la suivante ce que ça donnera :)

  24. Pardon de vous le dire, mais c’est un peu de la branlette tout ça …
    Mes chroniques, c’est zéro prise de tête, zéro technique, zéro objectivité.
    C’est aussi simple que cela … Quant à dire que mes chroniques sont elle-même zéros, il n’y a qu’un pas que je franchis moi-même parfois …

  25. Je viens de commencer (il y a quelques mois) mais compte bien rentrer dans le cercle des « chroniqueurs de disques ». En tout cas, je suis admiratif devant un billet aussi développé pour essayer de décripter le travail du chroniquer et lui donner ainsi une vraie légitimité.

    Je crois qu’il ne faut jamais se reposer sur ses bases et toujours aller de l’avant. Pour ma part, je vais écrire les chroniques des disques que j’écoute au moment où je les écoute – par exemple, j’ai redécouvert il y a peu A Thousand Leaves qui m’a fait l’effet d’être le meilleur disque de Sonic Youth – et je ne vais pas tarder en en parler. Ainsi il peut s’agir d’albums plus anciens, bien que j’évite de parler de disques parus dans les années 60 ou 70, surtout s’il s’agit d’artistes reconnus. Peut être un jour les Pink Floyd…

    Honnêtement, je pense qu’il n’est pas nécessaire d’écouter un album cinq fois pour se faire une idée dessus – ça dépend du disque, parfois il vous inspire immédiatement -, et que la lecture d’autres chroniques pour préparer la sienne est une chose importante. Rien n’empêche de revenir plus tard sur une chronique si on se rend compte qu’elle est incomplète – ou mal écrite !

    Le plus difficile est d’avoir la volonté de s’attaquer aux disques que l’on a particulièrement aimés, car on ne sait pas par ou commencer – surtout après les avoir mis de côté – car la notion de fraîcheur de l’écoute est très importante. Je crois que deux écoutes d’un disque, c’est suffisant si l’on écrit la chronique au cours de la deuxième écoute. On peut aussi profiter de cette deuxième ou troisième écoute pour rechercher des informations sur le groupe.

    Je pense qu’il est important de continuer à parler de disques plus anciens, tant le travail d’un artiste s’inscrit dans la durée. Il faut alterner travaux tout récents et plus anciens, et s’intéresser aussi bien à la personnalité de l’artiste qu’a sa musique -le rock est beaucoup une affaire de personnalité.

    Enfin, pour ceux qui pensent qu’une chronique ne peut être exagérément subjective, je leur conseille la lecture de Lester Bangs.

  26. chouette article. Plus que ce que l’on écrit, c’est la manière de le faire, le « style » qui donne ou non l’envie de continuer la lecture. Bayon (Libé) par exemple est l’exemple même du la chronique illisible pour moi. Après la méthode … En lisant cet article, je me suis du coup demandé comment je procédais (nombrilisme effectivement). Je me suis reconnu parfois (écouter en rédigeant la chronique par ex, ne pas chroniquer avant plusieurs écoutes) mais je suis moins organisé, moins réfléchi, j’écris au fil de l’eau. Du coup cela se reflète dans les choix de chroniques, de l’autoproduit sans même un « vrai » album au gros calibre des majors. Des chroniques élaborées ou simplement quelques lignes signalant la sortie d’un album et donnant mon avis sur celui ci sans que l’on puisse vraiment parler de chroniques. Le plaisir et l’envie sont probablement effectivement la clef. Peut être le fait que le site ne soit pas exclusivement centré sur les chroniques explique ces différences de traitement. Reste que je suis admiratif de la qualité du boulot accompli par chacun d’entre vous.
    Phil

  27.  » J’espère qu’aucun psychanalyste ne lit Le Choix… » Un psy le trouverait tellement bon (le choix, le site) qu’il ne pourrait qu’être rassuré. continue

    ps. mon intro préférée: le oooh oui de nos mères.

Laisser un commentaire


Reçois les nouveautés par email

Rejoins les 1000+ abonnés ! Entre ton adresse email, clique sur le bouton, entre le code pour vérifier que t'es pas un robot, puis direction ta boite email pour valider ton abonnement :