POWERSOLO – Nouveau Casino (8 décembre 2011)

Powersolo au Nouveau Casino (Paris, 8 décembre)

Compte-rendu écrit par Guillaume Foresti., live-reporter du Choix. Les deux gus du haut, ce sont les frères Jeppersen de Powersolo.

Pour la première édition de cette nouvelle soirée rock, la « Googoo Muck Party » (rien qu’avec le nom choisi, ce serait criminel de ne pas aller y faire un tour), c’est le Nouveau Casino qui a ouvert ses portes. Au menu : des disques vintage sortis de la cave aux trésors de deux experts (dont Trader Cedric, à qui il faut rendre hommage, pour avoir organisé les soirées Gloria pendant 10 ans, grâce auxquelles j’avais pu voir sur scène notamment The Hara-Kee-Rees, The Chocolate Watchband, Billy Childish, The Seeds, pour ne citer qu’eux), et au milieu de ces mix un live, celui de Powersolo, sorte de Jon Spencer Blues Explosion danois, pour résumer brièvement. Ils ont d’ailleurs pendant un temps fait office de backing band de Heavy Trash (l’autre groupe de Jon Spencer), et ont fait quelques collaborations studio avec le monsieur.

Malgré l’heure tardive (soirée annoncée de « minuit à l’aube », comme si les amateurs parisiens de rock allaient se faire croire l’espace d’une soirée qu’ils pouvaient rivaliser avec les clubbers), le Nouveau Casino se remplit peu à peu ; on aperçoit des visages familiers, des habitués des Gloria, du cuir, du tatoué, de la banane, et de la girl grimée 60’s.

Vers 1h du matin, les frères Jeppersen montent sur scène et déjà un petit miracle se produit instantanément : la transition entre le mix des vinyles et les premiers riffs des Danois est miraculeusement invisible. Leur son est tellement chaud, gras, ample, authentique, qu’on se croit dans les 50’s.

Dès les premières minutes, on se fait kidnapper dans un tourbillon musical sans pitié, sexuel, ludique, frénétique, et on ne nous lâche plus jusqu’à la fin. On assiste alors à une heure de rock’n’roll total, une décharge de puissance rockabilly. Vous savez, le genre de concerts où on reste la bouche ouverte pendant tout le set, où on ne pense même pas à applaudir tant on est transporté à des années lumière, le genre de concerts où on ne se rend pas compte qu’on est en train de danser comme un débile et où l’on croit qu’on est les seuls à entendre ce qu’on entend.

Bah voilà. Là, c’était ça.

Et vu l’heure tardive, le public clairsemé, et le plafond désespérément trop haut du Nouveau Caz, il fallait qu’ils soient très très forts pour gagner le match. Et ils l’ont gagné haut la main. Ils sont imparables, incontestables, intouchables. Leur musique est d’une lourdeur rare, au sens positif du terme.

Je retrouve presque l’énergie du Blues Explosion de la fin des 90’s (j’ai bien dit « presque »), c’est dire. Le batteur bat fort et vite comme s’il avait quatre bras, le bassiste (nouveau venu dans le groupe qui auparavant était un trio – esprit rockab oblige) a parfois même du mal à le suivre. Et les deux frangins se démènent sur leur guitare comme de magnifiques diables tatoués et filiformes. Avec leur banane, leurs fringues, leurs tatouages, ils ont une classe suprême, celle d’un autre temps, d’un autre monde auquel on voudrait tous, ce soir-là, appartenir.

Bon, certes, il est 2h du matin déjà, et le Nouveau Casino est loin d’être en pleine folie. Mais comme nous l’a appris Tony Wilson, ils n’étaient qu’une quarantaine au premier concert des Sex Pistols, et ça n’a pas empêché le moment d’être mémorable et de devenir mythique. Toute proportion gardée, je sais qu’on est en train d’assister à un des meilleurs moments scéniques de l’année. Cela faisait quelques années que je n’avais pas vu Powersolo sur scène, et je craignais qu’ils aient un peu perdu de leur panache, après presque 15 ans à user leurs rotules sur toutes les scènes de la planète. Il n’en fut rien, et ils ont même redoublé d’énergie et de charisme bluffants.

Le set se termine comme un orgasme qui n’en finit pas, bon dieu ça fait du bien, on en veut encore et on sait pourtant qu’on n’a plus la force.

La soirée continue avec un excellent mix toujours dans le même esprit vintage, et les gars de Powersolo sont descendus pour danser avec nous, ils s’amusent comme des gamins, à croire qu’ils n’ont pas donné tout ce qu’ils avaient d’énergie sur scène et qu’ils en ont encore une bonne dose sous leurs boots.

Alors on les remercie, on les félicite, on les congratule, on achète leurs vinyles, leurs t-shirts, pour un maigre retour des choses.

Il ne me reste plus qu’à préciser que cette soirée était gratuite. Oui oui, à Paris, dans une vraie salle de concert, avec un vrai sound system, et un groupe venu des cieux. Puisque je vous dis que c’était surréaliste.

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