LA ROUTE DU ROCK 2013, par Maxime

J’ai longuement hésité à intituler la présente chronique « Je suis allé à la Route du Rock et j’y ai lu l’article le plus naze du monde sur le meilleur concert du festival ». Puis je me suis rendu compte que limiter à un unique groupe le compte rendu d’un festival aussi réussi que l’a été cette édition 2013 de la Route du Rock aurait été un poil réducteur. J’étais pourtant sacrément remonté lorsqu’en entrant sur le site lors du dernier jour de festivités, j’ai parcouru la « Feuille de Route », quotidien éphémère créé pour l’occasion. La raison de mon indicible courroux : un article sur le génial concert des géniaux Woods, qui m’avaient littéralement retourné l’estomac la veille, du type « je n’ai pas vu leur concert mais je vous le raconte quand même ». L’article en question s’est révélé tout bonnement scandaleux à mon sens, puisque résumant la présence des Woods au sein de la programmation du festival comme n’étant le fait que de leur origines new-yorkaises (Brooklyn, plus exactement). Ça se passe de commentaire en réalité, tant l’attaque à l’encontre des Woods semble injustifiée puisque 1) Qu’est-ce qu’on en a à faire qu’ils viennent de Brooklyn, sérieux ? 2) Les albums de Woods, Bend Beyond en tête, relèvent du génie. 3) La timidité et la simplicité du groupe inspire davantage la sympathie plutôt qu’une telle réaction de rejet. Fin de ce mot d’humeur expédié en guise d’accroche.

Les organisateurs de la Route du Rock avaient tout simplement concocté l’une des meilleures affiches estivales. Cohérente et alliant un tas de révélations récentes ou à venir à quelques têtes d’affiches d’envergure non négligeable, la programmation de cette année a permis au festival de rebondir après le coup de mou de l’édition précédente jusqu’à atteindre les 21 000 spectateurs.

Ce compte-rendu ne sera pas exhaustif puisque cela vous ennuierait sans doute autant que moi. Je ne vous parlerai donc qu’à peine de la grosse tête d’affiche du festival, Nick Cave & The Bad Seeds, car cela ne ferait qu’ajouter un éloge de plus à l’amoncellement de louanges émises au sujet du bonhomme désormais quasi sexagénaire – ce qui ne saute pas aux yeux en live – depuis le début de sa tournée. Je ne vous parlerai pas non plus, en vrac, du caleçon et des pas de danse de Nic Offer des !!!, des jolies pop-folk songs aériennes des Junip, des mimiques exaspérantes des hipsters de Local Natives, ni du set captivant des Clinic qui ont sauvé à eux seuls la première soirée du festival à la Nouvelle Vague (parce que bon, Julia Holter et Austra hein…). Ils auraient mérité que davantage de lignes leur soient consacrées dans cet article mais leur réputation n’est désormais plus à faire : les Concrete Knives qui ont décidément bien fait du chemin (programmé sur la grande scène à 21h, le samedi soir, pour un set des plus réussi) ; et Jacco Gardner, qui poursuit tranquillement son ascension et dont l’efficacité et la richesse de sa pop psychédélico-baroque n’est désormais plus à prouver. Bref, à force de vous dire que je n’aborderai pas telle ou telle chose, j’ai fini par en pondre un paragraphe entier.

Trêve de bavasseries, j’ai déjà suffisamment introduit la chose : huit concerts ont donc tout particulièrement attiré mon attention cette année.

Orval Carlos Sibellius

Tout premier concert du festival, en pleine après-midi et en plein soleil sur la plage de Bon Secours à Saint-Malo même, Orval Carlos Sibellius a bénéficié d’un cadre surréaliste. Orval Carlos Sibellius, c’est en fait le projet d’Axel Monneau, Parisien qui en est déjà à son troisième album. Et Super Forma, le dernier en date, semble être le bon pour l’artiste qui croule depuis sous les éloges émanant de toutes parts. Et à juste titre : Super Forma est effectivement un véritable bijou de psychédélisme, un fourmillement de mélodies et de sonorités allant de la pop au baroque, émergents d’on ne sait où jusqu’à former un album d’une richesse incroyable. Restait donc à voir ce que pouvait donner sur scène un projet aussi intriguant. Le résultat est forcément moins riche qu’en studio mais est tout de même une sacrée réussite. Et ce, dès les cuivres vrombissants majestueusement (davantage mis valeur en live, d’ailleurs) sur le morceau qui ouvre le set, à « Desintegreçao », étrangeté pop hautement psychédélique. [Bandcamp]

Parquet Courts

Oh que le set des Parquet Courts avait mal commencé ! Et puis finalement, au bout d’une bonne trentaine de minutes, lorsque j’ai dû quitter la petite scène histoire de me placer pour Tame Impala, je loupais la fin de leur performance avec pas mal de regrets. Parquet Courts, ce sont des Texans d’origine qui ont fini par se fixer à Brooklyn, auteurs en 2012 d’un Light Up Gold réédité l’année suivante, leur premier véritable album qui fait suite à la sortie d’une obscure cassette en 2011. Toutes ces sorties laissaient présager de bonnes choses en live de la part des Parquet Courts. Et pourtant, ceux-ci sont partis d’un garage basique et bruitiste expédié dans l’urgence- à l’image de Light Up Gold, dont la durée moyenne des morceaux oscille entre 1 minute 30 et 2 minutes. Le début de leur set s’est révélé plus barbant qu’autre chose. Et puis progressivement, ils se sont orientés vers un garage plus lo-fi, ont un peu calmé le jeu –épargnant nos pauvres oreilles au passage- jusqu’à donner quelque chose de pas si mal en fin de compte. [Bandcamp]

Jackson Scott

Jackson Scott a sensiblement moins une tête d’abruti boutonneux que le laissaient présager les photos qui trainaient sur la blogosphère, mais il a tout de même une sacrée tête de merdeux. Auteur récemment de son premier album, Melbourne, le gamin en question a délivré un set bancal mais plutôt touchant, devant une poignée de spectateurs seulement (début de journée oblige, et c’est bien dommage). Musicalement, Melbourne donne dans un genre de pop lo-fi (dans le son mais aussi dans la façon dont l’album a été créé, puisque Jackson Scott ne s’est pas encombré d’une foule de matos pour produire la chose) qui pue un peu les années 90. Le live confirme ce que laissait augurer ses performances studios : quelque peu chaotique, on sent bien que le bonhomme débute à peine et se fiche pas mal de la propreté de son son, et c’est finalement tant mieux. La comparaison avec Atlas Sound, projet solo du leader de Deerhunter, est la première qui vient à l’esprit d’à peu près tout le monde tout d’abord puisqu’elle est assez juste, mais surtout car Jackson Scott a assuré la première partie de la tournée américaine de Deerhunter. Si Bradford Cox lui fait confiance, on a toutes les raisons d’espérer pas mal de belles choses de sa part. [Soundcloud]

Moon Duo

Comme le dira le lendemain Christophe Brault, ex-disquaire, journaliste et chargé de cours en musicologie à l’Université de Rennes, lors de sa conférence sur le garage rock dans le cadre du festival (2 heures de blabla plutôt intéressant et bien ficelé pour quiconque s’intéresse un tant soit peu au garage, agrémenté de démonstrations de air guitar esquissées par le conférencier à chaque fois que ce dernier passait un morceau pour illustrer ses propos) : « ouais moi j’ai entendu hier certains me dire que Moon Duo c’était chiant, que c’était répétitif ! Alors je leur ai répondu que non, c’était juste génial ! ». Hé bien il avait raison, Christophe Brault. J’ajouterai même que le qualificatif « répétitif » pourrait sans problème être remplacé par « obsédant », et que c’est justement ce qui a fait la force du set des Moon Duo, mené par la tête pensante des Wooden Shjips, Erik Johnson. Bon certes, un concert des Moon Duo n’est pas ce qu’il y a de plus accessible. Il faut réussir à rentrer dedans, mais une fois que l’on y est, difficile de ne pas être hypnotisé. Forcément on retrouve l’emprise de Erik Johnson sur la musique de Moon Duo (les synthés en plus), autrement dit toute comparaison avec les Wooden Shjips ne serait pas malencontreuse. La musique des Moon Duo, c’est ce genre de rythmiques entêtante, trainaillant sur toute la longueur du morceau (qui est généralement : long), qui ne s’arrêtent jamais mais sur laquelle vient se greffer une nuance suivie d’une autre et ainsi de suite jusqu’à vous transcender sur toute la durée du set. [Youtube]

Allah-Las

Les Allah-Las ont joué sous la pluie au Fort Saint-Père, ce qui est bien dommage puisque leur musique dégage absolument tout l’inverse. Leur premier album éponyme, paru l’année dernière était une bien jolie découverte : de la surf music à tonalités psyché et garage, aux sonorités évidemment californiennes et nous ramenant directement en plein milieu des 60’s et 70’s. A la cool, voire un peu trop par moment. C’est ce qu’on se disait en écoutant Allah-Las et ça s’est confirmé durant leur set : un tantinet répétitif voire je-m’en-foutiste, le quatuor a tendance à ne pas trop se fouler. On retrouve tout de même en live ce qui nous titillait l’entrejambe à l’écoute de l’album : les guitares ruisselantes de reverb et d’une légère delay, des bons petits tubes en puissance (« Catamaran », « Don’t You Forget It », « Sandy » et son refrain qui ne cessera sans doute jamais de m’émoustiller…). Autre élément qui m’a soudainement sauté aux yeux pendant le concert : la ressemblance frappante avec les Brian Jonestown Massacre pour ce qui est de l’alliance merveilleuse des guitares rythmiques et mélodiques. Ce qui est, inutile de le préciser mais précisons-le quand même, une excellente chose. [Bandcamp]

Bass Drum Of Death

Le trio du Mississipi n’est pas du genre à faire dans la dentelle. En quelques mots, Bass Drum Of Death c’est du rock’n’roll de loubard qui sent l’essence et la bière tiède, qui vous donne envie d’éclater des tessons de bouteilles au faciès de ceux qui vous regardent de travers, puis de cracher nonchalamment au sol avant de remettre en place votre blouson en cuir. GB City (2011) était une véritable déflagration à base d’un garage bruyant, d’une efficacité sans pareille et menée par des tubes aux riffs aussi ravageurs que « Velvet Itch » et « Get Found » qui ont respectivement ouvert et clôturé le set des Bass Drum Of Death à la Route du Rock. Programmé vers 1h30 sur la Grande Scène, face à une foule étonnamment importante par rapport à la notoriété du groupe, les Bass Drum Of Death ont prouvé qu’ils étaient taillés pour d’aussi grosses scènes. Et je ne peux pas m’empêcher de jubiler en voyant un groupe de garage avoir ce genre d’opportunités ! Seul hic : si leur première sortie était l’album de garage parfait, oscillant entre Jay Reatard et les titres les plus ravageurs des Black Rebel Motorcycle Club, le deuxième et dernier en date l’était bien moins. Et, malheureusement, c’est à cet album que les Bass Drum Of Death ont le plus accordé d’importance au cours de leur set. Hyper dommage, donc. [Bandcamp]

Woods

Au cas-où vous n’auriez pas encore compris ou que vous n’auriez pas pris la peine de lire le petit chapeau introductif, Woods est le meilleur groupe du monde. Non bon ok, j’y vais certainement un peu fort mais ils ont en tout cas assuré, selon moi, le meilleur concert du festival. Si Jean-Pierre Pernaut avait écrit ce compte-rendu, il se serait sûrement contenté de dire que « le quartet de Brooklyn a su ramener le soleil sur le fort de Saint-Père après une deuxième journée bien morose sur le plan climatique» – ce qui a effectivement été le cas- mais il y a sans doute une montagne de choses plus pertinentes à déblatérer au sujet de Woods. En quelques mots : Woods ont sorti en 2012 leur chef d’œuvre, Bend Beyond, qui constitue leur septième album en sept années d’existence (je vous laisse calculer le ratio album/année, c’est assez simple vous verrez). Ils sont également à l’origine d’un label assez incroyable lorsque l’on se penche sur ses différentes sorties (White Fence, Nodzzz, Fresh & Onlys, Ganglians, Crystal Stilts… bref, de quoi s’occuper durant une bonne partie de l’année), mais aussi d’un festival dans la même veine. Leur set à la Route du Rock a été parfait de bout en bout, à base d’une folk psychédélique aux mélodies parfaites, d’une finesse incroyable et touchante au possible. Passé « Pushing Onlys » qui ouvre le concert et n’est pas loin d’être la plus jolie chanson du monde, les Woods ont accordé une grande part de leur setlist à Bend Beyond : « Bend Beyond », justement, rallongé de parties instrumentales transcendantes, le magistral « Size Meets The Sound » qui vous donne l’impression d’être la personne la plus balèze de l’humanité, « Cali In A Cup »… Ralala. Il n’y pas grand-chose à rajouter si ce n’est que, de surcroit, Jeremy Earl, Kevin Morby (qui officie également au sein des Babies !), Lucas Crane et Jarvis Taveniere sont plutôt attachants lorsqu’on les voit se trémousser timidement sur scène. [Deezer]

Tame Impala

Hé vous savez quoi ? Tame Impala est devenu un de ces gros groupes, ceux qui font partie des têtes d’affiche des festivals et tout ça. C’est tout de même dingue, quand on y pense, cette dimension qu’ont pris les Australiens depuis Lonerism. Alors bon, c’est certes tout à fait mérité mais en même temps très rageant dans la mesure où ils auraient amplement mérité de connaître un tel succès dès leur premier EP en 2008. Quoiqu’il en soit, le set des Tame Impala, tête d’affiche du samedi soir, restera comme l’un des meilleurs du festival. Visuellement, la bande de Kevin Parker a poussé le psychédélisme jusqu’au bout avec cette gigantesque toile derrière les membres du groupe, sur laquelle sont projetées des animations hypnotisantes carrément réussies. Musicalement, c’est tout simplement parfait. « Elephant », « Be Above It », « Feels Like We Only Go Backwards »… Une bonne partie des morceaux de Lonerism y passent, mais aussi d’Innerspeaker (« Why Don’t You Make Up Your Mind », « Solitude Is Bliss »… Ralala, quel pied !) et de l’EP (cette version génialissime de « Half Glass Full Of Wine », bien rallongée de diverses parties instrumentales). Outre la forte propension du groupe à (brillamment) rallonger ses titres, les Tame Impala adoptent également un son bien plus « synthétique » que sur album. Un aspect déjà bien présent sur Lonerism mais qui surprend un tantinet plus sur des titres comme « Half Glass Full Of Wine » et qui annonce sans doute la direction vers laquelle le groupe semble se diriger. En attendant Tame Impala, mené par ce gros génie de Kevin Parker, sont réellement en train de créer de grandes choses. [Soundcloud]

Bon vous l’aurez compris, il y avait amplement de quoi s’occuper durant ces 3 jours de festival (4 si l’on compte la première soirée à la Nouvelle Vague). En plus de cette affiche du feu de dieu, des divers événements autour du festival (la conférence sur le garage rock !), il y a également le cadre, plutôt bien coolos, de La Route Du Rock. Avouez qu’avant les concerts, pouvoir passer sa journée sur les plages bretonnes, picoler du cidre avec vue sur la mer ou s’enfiler du beurre par kilos et sous toutes ses formes imaginables, c’est tout de même le pied et pas si fréquent que ça en festival.

Arte Live Web a filmé une partie des concerts que vous pouvez revoir en cliquant ici
→ Photo d’illustration (c) Polaroliv’

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Il y a 25 commentaires.

  1. attaque injustifiée et papier scandaleux au sujet des woods, effectivement.
    en tant qu’auteur de ce papier qui était en fait une chronique, je ne peux que te rejoindre mon cher maxime B !
    si tu doutes encore du 87e degré de la chose, il suffit de lire les autres exemplaires de la feuille de route pour s’assurer que « je l’ai pas vu mais je vous le raconte quand même » n’était qu’une récréation rédactionnelle, potache, absurde et décalée, entre la plupart des autres papiers qui, eux, causaient musique pour de vrai.
    je n’ose t’avouer, au risque de te causer un infarctus, qu’un numéro 5 bonus de la feuille de route est dans les rotatives avec un « je n’étais pas à la route du rock mais je vous le raconte quand même ». en tous cas, ton attaque de papier moi m’a fait marrer !
    annie cordialement,
    geoffrey.

  2. @Geoffrey, salut à toi !

    Je n’ai sans doute pas saisi la portée humoristique de ta chronique en effet ! Excuse-moi pour le côté, disons, primaire de mon attaque probablement dû à toute l’admiration que j’ai vis-à-vis des Woods et au fait que je n’ai absolument pas compris ton article sur le moment, oui. Cette intro n’était donc qu’une réaction plus ou moins à chaud visant plutôt à mettre en avant les Woods, au risque de passer pour un blogueur à la con ne supportant pas qu’on n’aie pas les même goûts que lui (ce qui n’est absolument pas le cas, hein, c’était plutôt le côté injustifié de la chose qui m’a marqué sur le moment et que j’ai sans doute un peu trop au sérieux).

    Cordialement,

    Maxime

  3. @Adrien Aucune idée. Y paraît même qu’il y en a qui les commentent pour se poser la même question, c’est dingue.

  4. merci pour votre contribution à l’apaisement des esprits, eddie et et adrien.

  5. @geoffrey : bisous!

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